Je me suis levée à 4 heures du matin, Papa m'a emmenée à l'aéroport de Beauvais. Bibi nous accompagnait.
A 10h50, mon avion rose et blanc atterrissait au Ferihegy 1, à Budapest, "Perle du Danube", capitale de la Hongrie.
J'étais chargée comme un baudet, j'ai rejoint Clément et Pauline qui m'ont aidé à porter mes bagages. J'ai tout de suite pris une carte de transport valable 15 jours sur tram, bus, métrop, HEV et trolleybus, et nous avons pris le bus pour le centre de la ville. Il faisait déjà une chaleur à crever. Le nez collé à la vitre du bus, je regardais ce paysage industriel de la périphérie de Budapest, quand Pauline s'est aperçue que le bus n'allait pas dans le bon sens. Nous avons dû en reprendre un autre, et c'est vers midi passée que nous sommes arrivés en ville.
Nous sommes de suite allés au Castro, un bar petit, très sympa, où l'on a rejoint les 2 colocs de Clément. Nous avons commandé à manger, j'ai pris une grosse salade composée, avec des long morceaux de pains pitas grillés posés dessus, et quelques graines de citrouille.
J'ai ensuite sorti mon ordinateur portable pour me connecter en wifi (disponible quasiment partout dans la ville) et envoyer un mail confirmant mon arrivée saine et sauve.
C'est pile à ce moment que Pierre, trop heureux de découvrir les pintes à 550 ft du Castro, la renverse sur moi et sur mon ordi que j'ai rapidement protégé avec sa housse. Mes habits sentirent la bière toute la journée, ma sacoche d'ordinateur, pendant plusieurs mois. ll y a encore quelques morceaux de mouchoirs, utlisés pour absorber la bière, coincés dans le velcro.
Oui, ça commençais bien.
La recherche de l'appart ensuite. Nous étions 5, avec environ chacun une valise et un gros sac, un ordinateur portable, un bagage à main, un sac à dos et/ou un sac à main.
Nous avions normalement déjà notre appart', il suffisait juste de retourner payer la caution à l'agence. Nous avons laissé 2 personnes avec les bagages, et nous sommes partis à 3 à l'agence. Là bas, le cauchemard. Les apparts qui nous étaient promis avaient été réservés à quelqu'un d'autre, car finalement la location pour seulement 5 mois... ça ne les branchaient plus. Après des dizaines de minutes de discussion, de coups de fils, on arrive à avoir un RDV à 18 heures pour avoir l'appart le jour même, moyennant une caution exorbitante.
On sort finalement de l'agence, tous bien remontés... Et là, grande idée, on va aller voir chez CentralApparts, au cas où... On tombe sur Robert et Béatrice, couple franco-hongrois qui dirige cette agence. Dans les 5 minutes, on obtient un appart pou Pauline et moi, à 200 mètres de l'agence, et un autre pour les 3 garçons, un peu plus loin. Apparts disponibles de suite, un mois de caution seulement. Pour 5 mois, sans problème.
J'ai visité l'appart, téléphoné à Pauline pour lui décrire, et on a signé direct.
Realtanoda utca 19, harmadik emelet. Plein centre ville de Budapest.
A 18h, nous ne nous sommes pas rendu au rendez vous fixé par les autres abrutis.
Nous avons ensuite emménagé dans notre appartement, et ce fut le début de l'aventure.
Nous avons passé la nuit chez les garçons car nous n'avions pas d'eau chaude pour la douche du lendemain.
2 jours plus tard les chauffagistes sont passés. Nous avions enfin de l'eau chaude. Nous sommes allées faire des courses à Ikéa, des rideaux, des bacs de rangement, des coussins, des trucs de salle de bain, de la vaisselle... le tout remboursé par l'agence.
Ensuite, ça été la rentrée à l'école. La je passe les détails, c'était le gros bazard... l'école immense, je me perdais tout le temps, et trop de galère avec les matières choisies. Finalement nous avons chacun eu les emplois du temps des classes et nous avons choisis nos matières. Résultat, un emploi du temps aménagé, avec cours le mardi, mercredi et jeudi (parfois). Que du bonheur, le reste du temps pour profiter et visiter.
Il ne m'a fallu que quelques jours pour m'habituer, pour ne plus me perdre et pour comprendre comment on prenait le métro.
Les semaines se résumaient à cours, visites, resto, shopping et soirée.
Dès la fin du mois de septembre, j'assistais à une représentation du Cadre Noir de Saumur, que j'avais toujours rêvé de voir. Il a fallut aller jusqu'en Hongrie pour ça.
Bratislava en octobre. Tellement plus petite que Budapest, mais jolie ville.
Une petite visite de Bibi pendant les vacances de la Toussaint ; j'étais trop heureuse de faire découvrir ma nouvelle vie. Re-visites, re-resto, re-soirées... Visite de Szentendre également.
Quelques jours plus tard, le concert de Sonata Arctica, avec Alex. Magique.
Puis vinrent les exams, en décembre. Avec eux, le marché de Noël, une visite à Vienne.
Et peu avant Noël, la visite de Gaëlle et Raf, pour quelques jours. Premier soir, découverte de Budapest by night. Le pont, le chateau, le Danube, le Parlement, la Basilique. Tant de choses magnifiques que j'ai eu du mal à laisser derrière moi. Un restaurant, un verre au Szimpla, immeuble typique avec cours intérieure, transformé en bar.
Puis nous avons enchaîné les visites, le Bastion des Pêcheurs, les thermes, la Place des Héros, la Dunacorso et sa Petite Princesse, le Grand Marché, le Pont des Chaînes... Le Mac Café, pour Raf xD
Puis, le 23 décembre, une soirée à faire les bagages. Plusieurs mois de bordel à remettre dans mes valises. Le grand ménage de l'appart. Tout remettre en ordre, comme si je n'avais jamais été ici. Payer le dernier loyer, récupérer la caution. Le lendemain matin, 24 décembre. La porte fermée à clé, les trois étages descendus avec les bagages. Les clés dans la boîte aux lettres. Ouvrir la porte extérieure de l'immeuble, tellement lourde. Je ne m'y étais jamais vraiment habituée. La claquer derrière soit, et prendre la Realtanoda utca jusqu'au bout, jusqu'à la Ferenciek Tere. Prendre le métro, jusqu'à Kőbánya-Kispest, terminus de la Bleue, menant à l'aéroport. Nous prenions l'avion au Ferihegy 2B. Une longue attente. Achat d'un paquet de Mini Mars, Bounty, Milkyway et autres cochonneries, pour passer le temps. Puis embarquement.
Et débarquement.
Papa, Maman, la France.
Berck quelques heures après.
Noël.
Départ en Alsace.
Re-Noël.
Nouvel An.
Retour à Berck.
Rentrée à L'IUT.
Poing dans la gueule. La réalité. Retour à la vie d'avant. Dur.
Toujours aussi nostalgique à la pensée de cette vie, je ne demande aujourd'hui que de recommencer, de repartir, de revoir tout cela.
Ne plus être ici, à attendre quelque chose que j'ignore encore, un quelconque déclic.
Juste repartir.
"Ce qui est à Budapest reste à Budapest."